Stéphane Thuillier revient sur sa première édition de SIAL Canada en tant que directeur général. Entre la qualité des exposants, des visiteurs et des délégations présentes, un climat d’optimisme retrouvé et de nouvelles perspectives de croissance, le salon a encore beaucoup à dévoiler.
Votre premier SIAL Canada en tant que DG. Comment cela s’est-il passé ?
Ça s’est très bien passé. Déjà, d’un point de vue visuel et esthétique, nous faisons en sorte de maintenir un niveau qui incarne la qualité du salon, des visiteurs et des exposants. Il existe beaucoup de salons alimentaires dans le monde, plus de 800. Ce n’est pas évident de sortir du lot. Nous misons donc sur ce côté premium et qualitatif.
Selon vous, quels étaient les temps forts de cette édition ?
La cérémonie d’ouverture en faisait partie. Ce n’est pas souvent que l’on voit des cérémonies d’ouverture avec autant d’ambassadeurs et de consuls. Cela montre l’importance du salon pour ces personnes, qui ont toujours des agendas bien chargés, qui sont très sollicitées, et qui ont choisi de libérer une demi-journée ou une journée pour venir sur le salon. Je pense que cela reflète vraiment l’image du salon et son importance.
SIAL Innovation est bien sûr toujours très intéressant. Nous avons eu deux fois plus de produits présentés par les exposants que les années précédentes. Je pense que c’est aussi lié à la croissance du salon cette année, avec une surface 20 % plus grande que l’année dernière. Beaucoup d’exposants ont agrandi leur stand parce qu’ils avaient plus de produits à présenter, notamment les Canadiens.
Dans le contexte des tensions tarifaires avec les États-Unis en 2025, les exposants étaient un peu dans le doute, parfois sous le choc. Pour éviter de se retrouver dans des situations où les droits de douane les empêcheraient de faire du business avec les États-Unis, ils ont développé de nouveaux produits afin de s’adresser à de nouveaux marchés, au Canada ou à l’international. Cela a pris un an et, aujourd’hui, on le voit s’incarner sur le salon.
Cette année, il y avait plus d’optimisme.”-
Y a-t-il quelque chose qui vous a surpris sur le salon cette année ?
Je suis toujours surpris par la convivialité de ce salon. Les gens sont souriants et il y a beaucoup de dégustations sur les kiosques. Ce n’est pas le cas sur tous les salons, même agroalimentaires, que les exposants apportent autant d’échantillons, parce que cela coûte très cher et qu’il faut les gérer, notamment lorsqu’il s’agit de produits frais. J’ai trouvé l’ambiance plutôt détendue. Encore une fois, on voit la différence par rapport à l’année dernière, qui était marquée par une certaine incertitude sur le marché. Là, il y avait plus d’optimisme.
Quelle est la suite pour SIAL Canada ? Quels sont vos objectifs pour Toronto l’année prochaine ?
Dans l’univers SIAL, SIAL Canada a une particularité. En plus de l’agroalimentaire, il a une partie importante dédiée au packaging et à la machinerie, même si cette dernière peut encore se développer, notamment parce qu’il y a des enjeux autour de la relocalisation de la production sur le territoire canadien.
À Montréal, nous avons une problématique : nous occupons déjà tout l’espace disponible. À Toronto, le centre Enercare est plus grand, donc nous pouvons nous développer davantage. Notre objectif est de continuer à développer la partie alimentaire, mais aussi de commencer à renforcer la partie transformation alimentaire. Nous allons continuer à bien travailler le marché de Toronto. Cette année, par rapport à l’année dernière, le nombre d’exposants canadiens a augmenté de 30 %. Le Québec est bien sûr très important, mais l’Ontario a aussi progressé de 30 %. Au niveau des fabricants basés en Ontario, nous avons encore une belle marge de progression.
La stratégie d’alternance entre Montréal et Toronto, comment répond-elle aux besoins de l’industrie agroalimentaire canadienne et internationale ?
Sur le plan international, nous avons 55 pays qui exposent sur le salon. Ils ont beaucoup d’attentes vis-à-vis du marché canadien. Mais le marché canadien reste très différent selon la province à laquelle on s’adresse. Au Québec, le secteur alimentaire est davantage organisé autour du consommateur. Il est un peu moins concentré qu’en Ontario et compte plus de magasins indépendants. Donc, pour un nouvel acteur sur le marché, il est souvent plus facile d’entrer sur le marché canadien par le Québec, parce qu’il peut présenter ses produits à potentiellement plus de clients.
Je préconise donc une stratégie qui consiste à entrer par le Québec, à Montréal, puis, une fois l’activité développée, à faire du volume à Toronto. L’Ontario représente deux fois le Québec en termes de population, avec un PIB par habitant supérieur à celui du Québec.
“We are focusing on a premium, high-quality positioning”
Stéphane Thuillier looks back on his first edition of SIAL Canada as CEO. From the quality of the exhibitors, visitors and official delegations to a renewed sense of optimism and fresh room for growth, the show has many more surprises in store.
Your first SIAL Canada as CEO. How did it go?
It went very well. First, from a visual and aesthetic point of view, we make sure to maintain a level that reflects the quality of the show, the visitors and the exhibitors. There are a lot of food shows around the world, over 800. It is not easy to stand out. So we are focusing on this premium, high-quality positioning.
In your opinion, what were some of the highlights of this edition?
The opening ceremony was one of them. It is not often that you see opening ceremonies with so many ambassadors and consuls. It shows the importance of the show for these people who always have very busy schedules, who are in high demand, and who chose to free up half a day or a full day to come to the show. I think that really reflects the image of the show and its importance for the industry.
SIAL Innovation is, of course, always very interesting. We had twice as many products submitted by exhibitors as in previous years. I think this is also linked to the growth of the show this year, with a floor space 20% larger than last year. Many exhibitors expanded their booths because they had more products to present, particularly the Canadian exhibitors.
Against the backdrop of tariff tensions with the United States in 2025, exhibitors were facing some uncertainty. To avoid ending up in situations where tariffs would prevent them from doing business with the United States, they developed new products to address new markets, either in Canada or internationally. That took a year, and today we can see it taking shape at the show.
This year, there was more optimism.
Was there anything that surprised you at the show this year?
I am always surprised by how friendly this show is. People are always quite cheerful, and there are a lot of tastings at the booths. That is not the case at every show, even in the agri-food sector. Exhibitors don’t always bring so many samples, because it is very expensive and they have to be managed, especially when fresh products are involved. I found the atmosphere relaxed. Once again, you can see the difference compared to last year, which was marked by a certain level of market uncertainty. This year, there was more optimism.
What is next for SIAL Canada? What are your goals for Toronto next year?
Within the SIAL Network, SIAL Canada stands out because in addition to agri-food, it includes a significant section dedicated to packaging and machinery, although the latter still has room to grow, particularly because bringing production back onto Canadian soil is a hot topic.
In Montréal, we are facing a challenge: we are already using all the available space. In Toronto, the Enercare Centre is larger, so we have more room to grow. Our goal is to continue developing the food side of the show, while also beginning to strengthen the food processing side. We will continue to work hard on the Toronto market. This year, compared to last year, the number of Canadian exhibitors increased by 30%. Québec is, of course, very important, but Ontario also grew by 30%. Among manufacturers based in Ontario, we still have significant room for growth.
How does the strategy of alternating between Montreal and Toronto meet the needs of the Canadian and international agri-food industry?
On the international side, we have 55 countries exhibiting at the show. They have high expectations for the Canadian market. But the Canadian market remains very different depending on the province you are targeting. In Quebec, the food sector is more consumer-focused. It is a little less concentrated than in Ontario and has more independent stores. So, for a newcomer entering the market, it is often easier to enter Canada through Quebec, because you can potentially present your products to more customers.
I therefore recommend a strategy that consists of entering through Quebec, in Montreal, then, once the business has been developed, building volume in Toronto. Ontario has twice the population of Quebec and a higher GDP per capita.
Photo: © Bénédicte Brocard