April 29, 2026

“La résilience des chaînes d’approvisionnement repose sur leur capacité à anticiper et à s’adapter aux chocs”

Jessica Adelman, VP principale et directrice des affaires corporatives, Mars Snacking Amérique du Nord, intervient aujourd’hui lors d’une session consacrée à la résilience des chaînes d’approvisionnement alimentaires. Forte de près de 30 ans d’expérience dans la gestion d’équipes et de budgets, elle a échangé avec SIAL Canada Daily pour évoquer le passage de la théorie à la pratique.

Comment la « permacrise » affecte-t-elle notre système alimentaire mondial ?
Pour commencer, les termes « perma » et « crise » semblent paradoxaux, et pourtant, ils décrivent bien la situation actuelle. Concrètement, la nouvelle norme englobe les pandémies, les tensions et conflits géopolitiques, l’inflation instable, l’extrême volatilité des marchés boursiers et les catastrophes d’origine climatique. Des événements qui relevaient autrefois davantage de la catégorie des « cygnes noirs » ont convergé pour former un contexte devenu permanent. Pour le système alimentaire mondial, cela redéfinit les attentes et les modes de fonctionnement. Cela signifie que l’idée d’un système sans faille et prévisible est de plus en plus difficile à atteindre, car des pressions constantes mettent à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement à tous les niveaux.

Par ailleurs, les attentes des parties prenantes évoluent rapidement, qu’il s’agisse des ONG, des consommateurs ou des régulateurs. Les entreprises doivent composer avec un cadre complexe, où les réglementations et les perceptions peuvent transformer rapidement leur activité. Éternellement optimiste, je défends l’agriculture et la chaîne d’approvisionnement alimentaire : nous avons créé un système remarquablement efficace, sûr et abordable pour répondre aux besoins de populations de plus en plus urbaines et une économie de services. Les résultats exponentiels, que Norman Borlaug a contribué à diffuser à grande échelle pour catalyser la Révolution verte, sont devenus un véritable miracle moderne dans les rayons des supermarchés.

Une véritable résilience implique que les conseils d’administration et les dirigeants placent la création de valeur, la maîtrise des risques et la gestion de la réputation au cœur de leurs priorités.

Qu’est-ce que cela signifie pour la résilience du système alimentaire ?
La résilience des chaînes d’approvisionnement repose sur leur capacité à anticiper et à s’adapter aux chocs sans compromettre la confiance des consommateurs ni éroder la valeur. De nombreuses études empiriques menées sur différents marchés montrent que les entreprises disposant de solides capacités de gestion des risques et de continuité des activités affichent généralement une valeur d’entreprise plus élevée et de meilleures performances financières — et, dans certains contextes de crise, peuvent même surperformer leurs pairs de plusieurs points de pourcentage après une crise.

Les équipes de direction et les conseils d’administration en sont bien conscients, mais privilégient souvent les gains à court terme au détriment des bénéfices à plus long terme. Cela suppose une évolution du modèle économique, avec un suivi en temps réel de la performance de la chaîne d’approvisionnement, des données climatiques et de la confiance des parties prenantes.

En bref : une véritable résilience implique que les conseils d’administration et les dirigeants placent la création de valeur, la maîtrise des risques et la gestion de la réputation au cœur de leurs priorités.

Comment votre session de conférence ira-t-elle au-delà de la théorie pour proposer un cadre concret ?
Cette session présentera un cadre déjà testé à grande échelle, notamment à travers des opérations comme la transaction de 36 milliards de dollars entre Mars et Kellanova, ainsi que l’initiative Restock Kroger. Elle s’articulera autour de trois idées clés :

  • Le moteur de valeur : comment des initiatives comme Zero Hunger | Zero Waste de Kroger ont évolué au-delà de l’impact social pour devenir de véritables leviers d’efficacité et d’innovation.
  • L’atténuation stratégique des risques : comment des entreprises telles que Syngenta et Cargill ont su transformer des risques complexes en actions concrètes et mesurables, tout en renforçant la confiance des parties prenantes.
  • La réputation, un atout stratégique : comment la raison d’être des marques, illustrée par Mars, permet de construire une pertinence culturelle qui renforce la résilience.

À qui s’adresse votre session ? Qu’espérez-vous que les participants en retirent ?
Cette session s’adresse aux membres de conseils d’administration et aux dirigeants qui s’interrogent sur la place de la résilience dans leur feuille de route. Elle sera également pertinente pour les équipes en charge de la durabilité des chaînes d’approvisionnement, ainsi que pour les professionnels des affaires publiques et de la communication souhaitant aller au-delà des études de cas pour passer à des résultats concrets.

Les participants repartiront avec un engagement de résilience 3×3 : un outil de gouvernance et un cadre structurant pour les aider à cartographier la création de valeur, les risques et la confiance, afin de faire en sorte que, lors du prochain choc, leur organisation ne se contente pas de résister, mais soit en mesure d’accélérer.

Avez-vous un message pour le secteur agroalimentaire ?
Il est temps de faire de la résilience un point inscrit à l’ordre du jour du conseil, plutôt que de la cantonner aux rapports ESG ou à la matrice de compétences du conseil d’administration dans le 10-K.

CONFÉRENCE
Aujourd’hui
L’impératif de résilience : transformer les chaînes d’approvisionnement alimentaires en moteurs de valeur, de mitigation des risques et de réputation
14:00-14:45
SIAL Conférence #516BC



“Supply chains must be able to anticipate and adapt through shocks”

Jessica Adelman, SVP and Chief Corporate Affairs Officer, Mars Snacking North America, is giving a keynote today on resilience in food supply chains. Drawing on nearly 30 years of experience managing teams and budgets, SIAL Canada Daily caught up with her to discuss moving beyond the theoretical. 

How is the state of “permacrisis” affecting our global food system?
First “perma” and “crisis” are inherently paradoxical—yet here we are and then some. Basically, the new normal includes pandemics, geopolitical tensions and conflicts, wild swings in inflation, extreme stock market volatility, and climate-driven disasters. Events that used to be more in the black swan category have converged into one continuous operating environment. For the global food system, this fundamentally resets expectations and operating realities. It means that the notion of a flawless and predictable system is increasingly unavailable as persistent stressors strain supply chains at every level.

Additionally, pressure from stakeholders, whether it be from regulators, NGO scrutiny or consumer health trends, is reshaping the landscape. Companies must now navigate a complex web of regulation and consumer perception that can reshape organizations overnight. But I am an eternal optimist at heart and a champion of the agriculture and food supply chain—we have created an incredibly efficient, safe, and affordable platform to serve increasingly urban communities and the service economy. The exponential results Norman Borloug scaled to catalyze the Green Revolution have become a modern miracle at the grocery store.

What does this mean for food system resilience?
To be resilient, supply chains must be able to anticipate and adapt through shocks without breaking consumer trust or eroding value. Multiple empirical studies across markets show that companies with robust enterprise risk management and business continuity capabilities tend to exhibit higher firm value and superior financial performance—and in some crisis scenarios, even outperform peers by several percentage points in post‐crisis share performance. Management teams and boards intrinsically understand this but often choose the shorter-term gains vs. buying into the longer-term upside. It’s a business model evolution that involves tracking supply chain health, climate data, and stakeholder trust in real time. In short: true resilience requires that boards and leaders focus on value creation, risk mitigation, and reputation management.

How will your conference session move beyond the theory to provide a tested framework?
This session will provide a framework that has been tested through massive scale, such as the $36B Mars + Kellanova transaction and the Restock Kroger initiative. It will centre on three key ideas:

  • The value engine: How initiatives like Kroger’s Zero Hunger | Zero Waste evolved beyond social impact into a driver of efficiency and innovation.
  • Strategic risk mitigation: How companies like Syngenta and Cargill have translated complex risks into measurable action and stakeholder trust.
  • Reputation as an asset: How brand purpose, demonstrated by Mars, builds cultural relevance that strengthens resilience.

Who should attend your session? What do you hope attendees will take away from it?
This session is built for boards and C-Suite executives who are asking where resilience lives on their agenda. It would also be valuable for supply chain sustainability teams, as well as corporate affairs and communications professionals who are ready to move beyond case studies into actionable outcomes. Attendees can expect to leave with a 3×3 Resilience Pledge: a concrete governance tool and framework to help them map value, risk, and trust, ensuring that when the next shock hits, their organization isn’t just surviving, but accelerating.

Do you have a message for the agri-food industry?
Resilience isn’t precautionary, it’s the foundation of long-term value creation. It’s time to move it from the ESG/Sustainability report or Director Skills Matrix in the 10-K to a standing Board agenda item and active conversation in the Boardroom.

CONFERENCE
Today
The Resilience Mandate: Transforming Food Supply Chains into Engines of Value, Risk Mitigation and Reputation
2:00-2:45 PM
SIAL Conference #516BC